Mise en place d’institutions fortes et crédibles

La crise sécuritaire et institutionnelle qui a frappé le pays rend nécessaire la reconstruction de l’Etat et un meilleur ajustement de ses modalités d’intervention en vue de sa modernisation et d’une plus grande efficacité dans la gestion publique.

 
Les objectifs visés par la mise en place d’institutions fortes et crédibles sont principalement la lutte contre la corruption et l’impunité, la refondation des administrations publiques, la réhabilitation de l’institution judiciaire, l’approfondissement de la décentralisation, l’approfondissement des instruments de la démocratie participative, la réforme du processus et du système électoral et le recouvrement d’une position forte dans un environnement international en mutation.

 
La lutte contre la corruption et l’impunité sera organisée sur la base du principe de la tolérance zéro. Elle s’articulera notamment autour de l’accroissement des moyens humains et matériels des structures d’audit et de contrôle, le renforcement du contrôle des collectivités territoriales décentralisées (CTD), la création d’un organe central de lutte contre la corruption, l’accroissement des moyens humains et opérationnels du Pôle économique et financier, l’instauration de la tenue de la comptabilité matière dans les administrations publiques et parapubliques, l’informatisation complète des administrations publiques et la mise en place de mécanismes d’écoute et de traitement des informations fournies par les citoyens.

 
S’agissant de la refondation des administrations publiques, il convient d’indiquer qu’on assiste à une dégradation de la qualité des ressources humaines dans tous les secteurs (éducation, santé, administration territoriale, police, trésor). Cette situation pourrait devenir un obstacle aux reformes économiques et politiques nécessaires pour le développement du Mali. Pour y remédier, les mesures envisagées porteront essentiellement sur la promotion des modes de recrutement ouverts et transparents, le renforcement de la formation continue, l’amélioration de la gestion des carrières, le renforcement du contrôle et le développement d’une culture orientée vers les résultats.

 

Quant à la justice, sa réhabilitation vise à consolider la démocratie en restaurant la confiance des maliens en leur système judiciaire et en garantissant la sécurité des investissements privés nationaux et étrangers. Le renforcement de l’Etat de droit ne sera possible qu’à travers la mise en oeuvre d’une justice transparente et équitable. Les mesures à mettre en oeuvre porteront entre autres sur la mise en place d’un programme de formation continue des magistrats, l’introduction des TIC dans le fonctionnement de la justice (transparence et accès), le renforcement des organisations de la société civile (OSC) spécialisées dans l’assistance juridique aux citoyens, la publication des décisions de justice, l’accroissement du nombre de tribunaux du commerce et de tribunaux du travail, le renforcement des sanctions contre les magistrats convaincus de corruption et de prévarication et le renforcement des corps de contrôle de la magistrature.

 

En ce qui concerne l’approfondissement de la décentralisation, il vise le développement équilibré du territoire national. Il sera mis en oeuvre à travers notamment l’organisation des Etats généraux sur la décentralisation, l’organisation du retour et de la réinstallation des populations déplacées et réfugiées, l’élaboration et la mise en oeuvre d’un cadre national d’orientation du Développement Economique Régional, le renforcement de son financement à travers la mise en place de contrats plan Etat-Région, l’élaboration des plans triennaux de transfert de compétences et de ressources ainsi que le suivi de leur mise en oeuvre.