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08.01.2015

NOUVEL AN 2015 : Voeux de Monsieur Boureima Allaye Touré, Président du Conseil national de la Société Civile, au Chef de l’Etat (Koulouba, le 30 décembre 2014)

 

Avant de rentrer dans le vif du sujet permettez-moi Excellence Monsieur le Président de la République du Mali, Chef de l’Etat, de remercier Allah, le maître de l’Univers qui a voulu que soyons là en ce moment et qui sait pourquoi il favorise cette rencontre et ses bénédictions et sa grâce soit sur notre prophète Mohammad Sallallahou Allayhoum Wassalam, sur sa famille ainsi que sur tous les prophètes.

Excellence Monsieur le Président de la République du Mali, Chef de l’Etat

L’insigne honneur me revient de prendre la parole encore une fois au nom de la grande famille des Forces Vives de la Nation dont j’ai le mandat, à l’occasion de la traditionnelle cérémonie de présentation de vœux.

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Monsieur Boureima Allaye Touré, Président du Conseil national de la Société Civile, face au Chef de l’Etat

En ce début de nouvel an, c’est pour nous un agréable devoir et un plaisir d’effectuer massivement le déplacement en ce lieu hautement symbolique de notre pays, pour vous rencontrer, Excellence Monsieur le Président de la République, chef suprême des armées, Premier Magistrat garant de la Constitution.

Permettez moi d’adresser à vous, à votre famille, à vos proches et à la Nation toute entière nos vœux de bonne et heureuse année 2015. Puisse l’année 2015, être pour vous avec l’aide du Miséricordieux et du tout Miséricordieux, une année de bonne santé, de bonheur, pleine de réussite dans votre exaltante et délicate mission qui, consiste à faire du Mali, une Nation honorable, Unie, Indivisible, Stable et Prospère. Et, pour la Nation Malienne, une année de paix, de réconciliation des cœurs et des esprits, de concorde, de solidarité et de cohésion.
A l’endroit de tous les membres de votre Gouvernement et à tous vos autres collaborateurs, collaboratrices, nous formulons des vœux de cohésion, d’abnégation et de réussite dans les lourdes missions que vous leur avez confié, afin que s’instaure dans notre cher Mali une Paix durable, gage d’un développement harmonieux.
Excellence Monsieur le Président de la République, nous vous rappelons qu’en vous présentant nos vœux pour l’année 2014 dans cette même salle et en nous basant sur votre engagement à servir le Mali, nous avions signalé que le Peuple Malien soucieux de ses aspirations profondes de grand Peuple, riche dans son histoire et dans sa diversité , en vous confiant ses destinées de manière très nette, attend de vous non seulement des actions concrètes et très significatives pour son devenir mais aussi et surtout, le vivre dans un Mali Uni et indivisible et dans un climat apaisé et sécurisé.

 

Excellence Monsieur le Président de la République, sous votre direction, durant toute l’année écoulée vous et toutes les Institutions de notre pays ont été à la tâche pour faire face aux velléités subversives sur toute l’étendue du territoire national. Les Forces Vives de la Nation saisissent cette occasion pour saluer cet engagement patriotique et encourager la poursuite des actions positives entreprises notamment :

- La poursuite dans la sérénité du dialogue social avec les syndicats et les travailleurs dont les frustrations sont grandes eu égard à l’augmentation du coût de la vie et cela en dépit des multiples difficultés que nous traversons ;

- La tenue du Forum de la Jeunesse à Bamako qui a mis en exergue à suffisance le rôle croissant et responsable et prépondérant de la jeunesse dans notre société. Elle constitue à n’en pas douter un potentiel immense et un véritable atout que la Nation malienne se doit d’exploiter judicieusement ;

- Le retour croissant et progressif des réfugiés, toute chose qui nous invite à ne ménager aucun effort pour que les activités de développement durable envisagées prennent leur envol et s’intensifient dans le pays et singulièrement dans le Nord du Mali en vue de consolider la Paix et la cohésion sociale ;

- L’approbation du programme gouvernemental, couvrant la période 2013-2018 qui vise la conduite d’une transformation économique et sociale, afin de conjurer définitivement les périls graves actuels tels que l’insécurité dans le Nord du pays, les dysfonctionnements des Institutions publiques, particulièrement ceux de l’Administration, afin de mener avec efficacité la lutte contre la corruption et l’impunité, et de freiner tout risque de dégradation grave des conditions de vie des communautés maliennes ;

- Votre investissement personnel, dès le début de votre mandat, à conduire les actions nécessaires pour une paix juste et durable, à favoriser l’émergence et la pérennité de l’unité et la cohésion nationales et surtout à rechercher inlassablement le recouvrement intégral du territoire national dont la voie du dialogue inclusif est votre leitmotiv en vue de parvenir à un accord de paix global et définitif. L’ouverture à Alger des pourparlers inter-maliens en vue de trouver un accord durable et définitif au problème du Nord illustre cet engagement ;

- La tenue à Bamako, les 23 et 24 janvier 2014, du Forum sur la Corruption et la Délinquance Financière, et l’actualisation du Plan National d’Actions 2009-2013 de Mise en Œuvre des Recommandations des Etats Généraux sur la Corruption et la Délinquance Financière pour couvrir la période 2014-2018 ;

- L’amorce de la mise en œuvre du code de transparence dans la gestion des affaires publiques et d’une plate-forme d’évaluation des politiques par la création d’un groupe de travail pour l’élaboration du document cadre de Politique Nationale de Transparence ;

- Les résultats encourageant obtenus en matière des contrôles physiques dans les services sont reconnus et appréciés par le Peuple Malien tout entier ;

- L’amorce de l’approfondissement de la décentralisation par la régionalisation, une des attentes fortes des citoyens suite aux recommandations des Etats généraux de la décentralisation et des Assises Nationales sur le Nord par la mise en place des structures du cadre national d’orientation du Développement Economique Régional et de contrats-plans Etat-collectivités-Régions.

Le soutien à la mise en œuvre d’une politique active de développement social axée sur le dialogue avec tous les acteurs socio- économiques, en vue de l’instauration d’un climat social apaisé et d’apporter le soutien nécessaire aux mesures visant l’amélioration des conditions de vie des populations, notamment des catégories sociales fragiles (handicapés, femmes, enfants, personnes âgées) qui feront l’objet d’une attention particulière ;

L’amorce du processus de relecture et d’informatisation des contrats miniers et le soutien politique vigoureux de l’initiative pour la transparence dans les industries extractives au Mali.

Certes le bilan est promoteur pour une année, mais nous pensons qu’il faudra fournir encore plus d’efforts compte tenu des nombreuses sollicitations des citoyens et citoyennes, qui à notre avis sont des droits légitimes auxquels des solutions soutenables doivent être trouvées.

A coté de ce bref bilan permettez-moi cependant, Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, en nous conviant à partager avec vous ces moments sublimes, nous ne pouvons venir à cette cérémonie sans respectueusement appeler votre attention sur les grandes préoccupations, aspirations et attentes majeures du moment.

 

Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, les crises que nous venons de vivre avec tous ses corollaires ont mis à nu la fragilité des Institutions politiques et républicaines, sévèrement éprouvées par l’injustice, la corruption, la délinquance financière et l’impunité. A ces maux s’ajoutent, la paupérisation des populations urbaines et rurales et les pertes de repères résultant de l’effritement de nos valeurs sociétales, morales et républicaines où le respect de l’Autre, la considération de l’Autre, de l’autorité de l’Etat, l’Etat de droit n’ont plus cours à plusieurs niveaux de nos couches sociales. Toutes choses qui compromettent notre avenir et hypothèque notre devenir. La valorisation des communicateurs traditionnels est essentielle pour la restauration des vertus qui sont le Dambé, le Maya, le Sinangouya, Yérèdon, afin que chacun sache jouer son rôle dans la Société, de manière décente et digne.

Face à ses tristes constats, Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, nous ne sommes pas restées en marge de la recherche de solutions en tant que débiteurs d’obligations vis-à-vis des couches que nous représentons. Nous profitons de cette heureuse circonstance pour rappeler les contributions de la Société Civile dans l’amorce de la sortie de crise qui n’a jamais et ne fera jamais défaut.

Fortes de nos convictions et conscientes de notre rôle de forces positives de veille et de contrôle citoyen, de médiation et d’actions nous avions dès les premières heures,revendiqué toute notre place en tant qu’acteur principal et bénéficiaire des acquis des politiques publiques positives à œuvrer à vos cotés pour vous accompagner sur les chantiers de mise en œuvre d’une politique dynamique de réconciliation nationale ; d’Institutions fortes et crédibles ; de lutte contre la corruption et la délinquance financière ; de reconstruction du citoyen malien à travers la revalorisation de l’Ecole Malienne qui est au désespoir et de reconstruction d’une économie nationale qui met en valeur les potentialités et ressources nationales d’abord au profit des Maliens (hommes et femmes).

C’est ainsi, que les Forces Vives de la Nation ont vaillamment œuvré de jour comme de nuit à :

  • L’élaboration du document d’évaluation du mandat de la MINUSMA par la société civile malienne en prélude de sa redéfinition qui a été remis en mai 2014, non seulement au Secrétaire Général Adjoint de l’ONU mais aussi aux Ambassadeurs des pays membres du Conseil de Sécurité accrédités au Mali pourréaffirmer l’engagement de la Société Civile malienne à jouer inlassablement sa partition dans l’avènement d’un environnement de paix, de stabilité et de quiétude dans le pays ;
  • la mise en œuvre d’actions humanitaires et de solidarité, la mobilisation citoyenne pour la mise en place d’un processus de dialogue, de réconciliation et de consolidation des droits humains dans le pays, toutes choses qui contribuent à l’apaisement et au rétablissement de la quiétude sur l’ensemble du territoire national. Nous saisissons cette occasion pour saluer la pro-activité et la combativité,le patriotisme et la participation active de nos sœurs partout et à tout moment, bien que mal récompensées dans leurs revendications légales et légitimes;
  • La contribution et la participation effective et efficiente de la Société Civile dans le suivi de la Conférence des Donateurs «Ensemble pour le renouveau du Mali»;
  • Les contributions significatives des Forces Vives de la Nation dans l’accompagnement du processus de négociations à Alger pour une paix définitive ;
  • L’élaboration d’un plan d’action de la Société Civile pour la stabilisation, la réconciliation nationale et la relance du développement durable du Mali chiffré à 1 812 030 000 FCFA dont nous recherchons le financement ;
  • La mise en chantier de plusieurs initiatives de réconciliation qui vont dans le sens d’un appui au Gouvernement pour l’adoption et la mise en œuvre du plan d’action national de réconciliation. Toute chose qui doit nous conduire vers la consolidation de notre tissu social sérieusement entamé ;
  • L’assistance judiciaire, juridique, psychosociale et médicale aux victimes de la crise ;
  • La somme des médiations portée courant 2014 par la Société Civile pour un climat social apaisé entre le Gouvernement, les forces Professionnelles, Politiques et Sociales ; toutes choses qui ont contribué à la stabilité sociale. Toutefois, nous demandons votre engagement personnel et en appelons au Gouvernement et aux Forces Professionnelles à plus d’ouverture et d’écoute et de faire preuve de dialogue social sincère, dans un climat apaisé et constructif pour la satisfaction des revendications légitimes.

Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Permettez nous de partager avec vous, ces quelques autres préoccupations sur l’état de notre Nation en ce qui concerne les secteurs clés, particulièrement ceux relatifs aux services sociaux de base :

Par rapport au développement du secteur productif : Nous n’insisterons jamais assez sur la souveraineté et la sécurité alimentaires. Nos soucis majeurs demeurent la mise en œuvre insuffisante de la Loi d’Orientation agricole particulièrement la lenteur dans l’adoption d’une politique agricole et foncière. Elle favorisera l’accélération de la promotion et de la modernisation de l’exploitation agricole familiale en tant que spécificité de l’économie malienne et comme moyen sûr de la promotion de l’agriculture et de la sécurité alimentaire. Aussi, Il est souhaité l’adoption d’une loi de protection des consommateurs au Mali en raison de la mondialisation et de la porosité de nos frontières et de tous les risques encourus par nos couches vulnérables en matière de consommation.

Par rapport au renforcement du secteur social et de la Gouvernance, nous n’insisterons jamais assez sur les domaines de l’éducation, la santé, l’eau, l’emploi en général et celui des jeunes en particulier, la justice, la gouvernance en relation avec les questions de paix et de sécurité, la décentralisation et la relation entre administration et usagers.

Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, L’Ecole reste toujours au centre de nos préoccupations. L’Ecole malienne reste toujours malade, malgré les diagnostics établis à l’issue du Forum sur l’Education et dont les solutions ne sont pas encore à hauteur des attentes. La gestion actuelle de l’Ecole est en train d’hypothéquer l’avenir de notre pays. L’exemple des dérives connues lors des examens du DEF et du Baccalauréat 2014 comme vous l’avez si bien dit en est une illustration. Une solution rapide et durable doit être recherchée pour aider non seulement à l’émergence rapide d’enfants issus d’un système éducatif moderne et performant mais aussi pour avoir un citoyen bien formé pour le renouveau du Mali et de la sous- région.

Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, En ce qui concerne la santé, permettez nous de réitérer nos appels face aux contraintes et difficultés qui persistent toujours dans ce secteur. Il s’agit de la mortalité maternelle, néonatale et infanto juvénile qui est l’une des plus élevées au monde ; la malnutrition chronique des enfants et des couches vulnérables et le coût élevé des produits pharmaceutiques, des soins et les faux médicaments qui pullulent sur nos marchés dégradant la santé des citoyens.

Face à ces contraintes, nous réitérons nos sollicitations à savoir :

  • L’adoption d’une loi sur la Santé Communautaire. Actuellement plus de 1300 Associations de Santé Communautaires sont en place et fonctionnelles, toute chose qui renforce notre pyramide sanitaire. Ceci, afin d’harmoniser les relations entre l’administration sanitaire, les Collectivités, les Associations de santé communautaire et les pouvoirs publics ;
  • La mise en œuvre de la politique nationale de développement de la nutrition adoptée en janvier 2013 qui renforce considérablement la lutte contre la malnutrition à cause de son caractère multisectoriel et qui réduirait ainsi drastiquement la mortalité infantile ;
  • Nous rappelons que le Mali a signé le document de l’engagement sur la promesse renouvelée pour la survie de l’enfant à l’instar de 47 pays sur 54. C’est un effort mondial visant à empêcher les enfants de mourir de causes qui peuvent être prévenues par l’accélération des efforts en santé maternelle, néonatale et infanto juvénile. A cet effet nous sollicitons votre engagement personnel pour que cette promesse soit tenue pour le bonheur des enfants et des femmes maliens.

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Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, en ce qui concerne le domaine de l’eau et l’assainissement, nous réitérons notre incompréhension qu’au jour d’aujourd’hui le Mali compte encore plus de 1655 villages qui ne disposent pas d’eau potable, tandis que d’autres n’en ont que faire. Nous estimons qu’avec un budget de l’ordre de 3% pour ce domaine, il n’est pas possible d’assurer le minimum vital aux autres citoyens. C’est pourquoi nous réitérons notre suggestion que le Gouvernement envisage, en relation avec la Société Civile et le secteur Privé un programme ambitieux dans ce domaine pour rétablir l’équité au droit d’accès à l’eau potable pour tous les Maliens.

Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat en ce qui concerne le secteur de l’emploi, aujourd’hui le douloureux problème que rencontrent les familles maliennes c’est le chômage des jeunes. Certes, la préoccupation a été annoncée dans votre projet de société pour le Mali, mais il demeure encore une question et un défi pour le développement national malgré les efforts consentis car c’est une question de sécurité et un défi majeur pour le développement national et la stabilité sociale. Les évènements passés à ce jour nous disent long sur cette question et continuent de nous interpeller! Une meilleure prise en compte de la préoccupation de cette importante frange de la population est nécessaire pour mettre notre pays à l’abri d’autres troubles sociaux dont nul ne saurait aujourd’hui imaginer l’ampleur.

Nous réitérons l’implication véritable et efficiente de la Société Civile, des Collectivités Territoriales, des groupements professionnels et surtout du Secteur Privé dans la mise en œuvre d’une politique vigoureuse d’emploi des jeunes assortie d’un véritable plan d’investissement orienté vers les secteurs porteurs que sont entre autres l’Agriculture, les bâtiments, les Technologies de l’information et de la communication, l’artisanat etc. La Société Civile s’y emploie déjà avec le Conseil National de la Jeunesse avec l’analyse de la politique cadre de développement de la jeunesse afin d’entamer les actions nécessaires avec le département pour mieux l’adapter aux besoins d’application. Aussi, il souhaité la refondation du service national des jeunes pour leur formation civique, toute chose qui prépare les jeunes à assumer à leurs futures responsabilités.

 

Excellence Monsieur le Président de la République, en ce qui concerne la justice qui est une de vos priorités; ce maillon très important de la gouvernance démocratique n’est pas bien perçu par le Malien lambda qui trouve que la justice ne lui est pas encore accessible.

Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, en dépit de « Nul n’est et ne sera au-dessus de la loi » cher à vous, les Forces Vives de la Nation demeurent préoccupées par un certain nombre de faits qui risqueraient d’anéantir vos propres efforts accomplis notamment en matière de justice et de lutte contre l’impunité. Nos organisations condamnent avec véhémence les différentes vagues de libérations extrajudiciaires effectuées en juillet, août et décembre 2014 dont les cas de Houka Houka et Wadoussène qui ont été accueillis par les populations maliennes avec une très grande frustration. Il convient alors de renforcer les mécanismes sociaux de promotion, de protection et de défense des droits humains et prêter plus d’attention et d’écoute aux acteurs de la Société Civile.

Par ailleurs, nos organisations veulent rappeler le caractère sacré de l’indépendance de la justice et inviter par conséquent les pouvoirs publics à s’abstenir d’interférer dans le fonctionnement de la justice. A cet effet, nous souhaitons vivement la création d‘un ministère des droits humains devant être confié à une personnalité neutre et qui sera chargée entre autres de la veille et de la promotion des droits humains au Mali, indispensable pour une paix et une réconciliation durables.

Excellence Monsieur le Président de la République, en ce qui concerne l’équité du genre,  soucieuses du devenir des personnes handicapées et de leur participation effective au processus global de développement économique, social et culturel de notre pays, les Forces Vives de la Nation, vous remercie et vous félicite chaleureusement pour votre engagement personnel et ferme et celui du gouvernement, pour les efforts fournis dans le cadre de la promotion des droits des personnes handicapées et de leur insertion socioéconomique.

C’est le lieu de vous dire que le Ministre de la Solidarité, de l’Action Humanitaire et de la Reconstruction du Nord de traduire les préoccupations de la déclaration du Premier ministre en un plan stratégique de dix ans, élaboré de façon participative par tous les acteurs qui interviennent dans le domaine du handicap. Ceci mérite à notre humble avis d’être encouragé et soutenu pour toutes les bonnes actions de développement que le département est en train de poser en faveur des couches démunies en général et des personnes handicapées en particulier.

Excellence Monsieur le Président de la République, la réussite du processus de la décentralisation est au centre des préoccupations des citoyens. Des efforts fournis par l’Etat ont permis quelques avancées. Toutefois, une des recommandations des Etats généraux de la décentralisation et des Assises Nationales sur le Nord à savoir l’approfondissement de la décentralisation par la régionalisation, reste une des attentes fortes des citoyens. La mise en place rapide des structures du cadre national d’orientation du Développement Economique Régional et de contrats-plans Etat-collectivités-Régions est une condition d’opérationnalisation de cet approfondissement qui aidera à mieux cerner la volonté des pouvoirs publics sur cette question. Eu égard aux leçons tirées du passé, son portage politique et son ancrage institutionnel doivent être à un niveau supra-ministériel tout en renforçant le rôle du Haut Conseil des Collectivités pour plus de cohérence dans les politiques de développement.

Par rapport au domaine des mines, face à certains constats, les Forces Vives de la Nationse posent beaucoup de questions, quant aux conditions de cession des permis d’exploitation, la gestion des revenus tirés des mines, la gestion de la question environnementale et aux avantages réels pour le pays. Les Forces Vives de la Nation souhaiteraient, en relation avec l’Etat, que les conditions de cession et d’exploitation des ressources minières soient revues dans le sens de la préservation des intérêts financiers, matériels et environnementaux des populations et du pays. Aussi, sollicitons-nous, dans le cadre de l’initiative pour la transparence dans les industries extractives, la décentralisation de l’initiative, la dissémination et la diffusion large des rapports de cette initiative au Mali pour l’ouverture des débats publics sur leurs contenus, toute chose qui contribue à faire de l’ITIE un véritable outil de transparence pour le bonheur des populations Maliennes.

Excellence Monsieur le Président de la République, les Forces Vives de la Nation, apprécieraient à sa juste valeur les efforts que votre gouvernement ferait pour une meilleure transparence dans la gestion des biens et des ressources publiques et pour la bonne gouvernance économique dans la lutte contre la corruption et la délinquance financière. Nous saluons à sa juste valeur l’actualisation du Plan National d’Actions 2009-2013 de Mise en Œuvre des Recommandations des Etats Généraux sur la Corruption et la Délinquance Financière qui est un acte fort. Toutefois, si l’on ne redouble pas d’efforts et de vigilance en posant des actes forts dans un délai raisonnable, face à la corruption, à l’impunité, à l’injustice, à la mauvaise gestion des affaires publiques, à la violation des droits humains, à l’insécurité et surtout à la précarité grandissante, l’avenir du pays restera incertain et une crise de confiance plus profonde s’installerait entre l’Etat et ses citoyens.

C’est pourquoi nous réitérons notre souhait, qu’est de renforcement des dispositifs de contrôle qui existent en la matière et la reconfiguration du Comité de Suivi et d’Evaluation du Plan National d’Actions de mise en œuvre des recommandations issues des Etats Généraux sur la corruption et la délinquance financière en Organe Central indépendant de lutte contre la corruption.

Excellence Monsieur le Président de la République, aucun pays ne saurait se développer s’il ne promeut son épargne intérieure pour moins dépendre des aides qui avilissent notre pays. Le poids que l’aide extérieure a pris dans les finances publiques est énorme et nous attirons votre haute attention sur ce fait qui nous conduit à notre forte dépendance de l’Extérieur dans les matières les plus simples du domaine de souveraineté. L’occasion est également bonne pour attirer votre attention sur la situation que traverse le secteur de la micro finance qui a tant suscité de l’espoir pour la réduction de la pauvreté particulièrement chez les femmes et les jeunes qui constituent les couches défavorisées et vulnérables. Elles jouent et continuent à jouer un rôle irremplaçable de levier économique et de stabilité sociale si des mesures d’accompagnement vigoureux sont mises en place.

Cependant force est de reconnaitre que presque toutes les structures de la micro finance à ce jour bâtent de l’aile et les sociétaires risquent d’être spoliés de leurs avoirs et créer ainsi une situation sociale difficile pour le pays. Ainsi, nous ne passons pas sous silence un autre défi à relever, à savoir : la réduction de la dette publique et du train de vie de l’Etat, tout en instaurant la rigueur absolue, la transparence dans la gestion de ces questions. Pour la Société Civile, il est temps d’agir et agir avec détermination, et efficacité pour préserver l’avenir des générations futures.

Excellence Monsieur le Président de la République, concernant toujours les problèmes de gouvernance en relation avec les questions de sécurité et de paix, ils continuent à être au centre des préoccupations majeures des Forces Vives de la Nation, en vous confiant ses destinées de manière très nette, notre Peuple attend de vous et de votre Gouvernement des actions très concrètes et significatives pour servir le Mali d’abord et assurer aux Maliens la quiétude à travers la restauration de l’intégrité totale du territoire du Mali.

A ce propos, Excellence Monsieur le Président de la République, nous Forces Vives de la Nation, nous vous affirmons notre soutien et notre engagement à œuvrer avec vous pour mettre fin à ces maux et calamités. Pour ce faire, nous sommes engagées à apporter notre contribution à vos cotés et aux cotés des forces démocratiques pour lutter contre la mauvaise gouvernance en dénonçant, en combattant les cas de corruption, de détournements, et en réfléchissant avec les autorités sur les réformes nécessaires des Institutions en vue de restaurer les bonnes pratiques et valoriser nos codes d’éthique. A cet effet, nous nous engageons avec détermination en relation avec toutes les forces du pays pour :

  • La restauration de nos valeurs sociétales de vivre ensemble en nous réconciliant sur des bases vraies dans le souci de préserver la cohésion sociale ;
  • Le soutien à toutes politiques qui restaurent l’Etat de droit et qui mettent fin à l’impunité et aux actes attentatoires aux libertés individuelles et collectives et aussi,
  • L’entreprise de toutes actions salvatrices pour l’adoption des mesures qui restaurent la confiance et la sécurité.

 

Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, je ne saurais terminer sans vous rappeler votre engagement par rapport au renforcement de la société Civile. Nous saisissons cette occasion pour solliciter auprès de votre haute bienveillance la mise à disposition de la Société Civile d’un siège où elle pourra gérer ses affaires courantes.

En réitérant la confiance de l’ensemble des Forces Vives de la Nation en vous-même et au Gouvernement, nous prions Dieu, qu’Il vous donne la force, la santé et la clairvoyance nécessaires d’exercer votre mandat. Nous prions le Miséricordieux le tout Miséricordieux de vous donner la chance de réussir votre mission jusqu’au bout avec honneur pour un Mali, prospère, apaisé où il fera davantage bon vivre.

Excellence Monsieur le Président de la République, TOUT POUR LE MALI.

Je vous remercie !