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15.01.2015

NOUVEL AN 2015 : Réponse de SEM le Président de la République, Chef de l’Etat, aux voeux du Doyen du Corps diplomatique (Koulouba, le 15 janvier 2015)

Excellence Monsieur le Doyen du Corps diplomatique, Cher frère ;

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Représentants des Organisations internationales accrédités au Mali ;

Distingués invités ;

Mesdames et Mesdames ;

 

Je voudrais, tout d’abord, vous remercier pour les mots si aimables à mon endroit et pour l’expression de votre grande amitié au peuple malien. C’est avec un plaisir renouvelé que je reçois les vœux de nouvel an du Corps diplomatique accrédité au Mali.

 

En retour, au nom du peuple malien, au nom des Institutions de la République et en mon nom propre, je tiens à adresser à chacune et à chacun de vous, ainsi qu’aux pays et organisations que vous représentez ici au Mali, mes vœux de bonne santé, de paix et de prospérité. Nous apprécions énormément le choix que vous avez fait d’être là avec nous, pour partager nos réalités, nos défis et nos espérances et pour l’expression constante de votre partenariat et de votre solidarité.

 

Je voudrais saisir cette occasion pour m’incliner, une fois de plus, devant la mémoire des soldats de la paix tombés sur le sol malien. Leurs actes de bravoure resteront pour toujours gravés dans nos cœurs. Ils sont tombés pour la défense de l’intégrité et de la souveraineté du Mali. Ils sont tombés pour la paix et la sécurité internationale et nous prions pour le repos de leur âme. Je voudrais exprimer ici notre sympathie douloureuse et nos condoléances émues à leurs familles et à leurs proches. Je souhaite également un prompt rétablissement aux blessés.

 

Excellence Monsieur le Doyen du Corps diplomatique ;

Mesdames et Messieurs;

Le Mali a connu plusieurs épreuves mémorables en 2014. Fort heureusement, vous les amis et les partenaires de notre pays, avez été d’un concours inestimable à nos côtés.

Je voudrais de nouveau saluer et remercier très sincèrement mon frère et ami Mohamed Ould Abdel Aziz, Président de la République Islamique de Mauritanie et Président en exercice de l’Union africaine pour sa disponibilité totale, la promptitude et la pertinence de son engagement en faveur de la résolution rapide de crise malienne.

Je renouvelle ma gratitude et ma confiance totale en mon frère et ami, le Président Abdelaziz BOUTEFLIKA, dont le pays, l’Algérie, accueille les pourparlers inter-maliens. Nos frères algériens ont dirigé de manière remarquable la Médiation internationale et la recherche active de solutions pacifiques et durables à la crise malienne. C’est le lieu pour moi de saluer solennellement les autres membres de la Médiation, dont la patience et l’engagement constants aux côtés du Chef de file, ont permis des progrès tangibles et importants vers la paix. Il me plait de louer particulièrement les rôles respectifs des Nations Unies, de l’Union africaine, de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de l’Union Européenne, de l’Organisation de la Coopération islamique, du Burkina Faso, de la Mauritanie, du Nigéria, du Niger et du Tchad.

Je voudrais, pour conclure ce chapitre de remerciements, renouveler la reconnaissance et la gratitude de la nation malienne à l’endroit de la France. Je dis à nouveau merci au Président François Hollande pour sa lecture lucide de la crise malienne et pour son action décisive et sans calcul, car cette crise porte en elle tous les germes d’une menace sécuritaire internationale.

L’Histoire retiendra que l’intervention déterminée de l’Armée française a porté un net coup d’arrêt à la progression de l’ennemi terroriste, un ennemi commun aux pays du Sahel et à la France. Elle aura parallèlement permis de libérer les populations et les régions du Nord du Mali et de ramener le calme dans les cœurs et les esprits.

J’ai pleinement conscience des sacrifices que la communauté internationale consent à nos côtés en vue de la résolution rapide et durable de la crise complexe que le Mali traverse depuis 2012. Nos actions quotidiennes montrent que ces sacrifices n’ont pas été vains et que nous les honorons au plus haut niveau.

 

Dans cette perspective, j’ai instruit le Gouvernement d’explorer toutes les options et toutes les offres de paix possibles permettant aux populations, aux communautés à la base, de participer encore plus activement dans la gestion de leurs affaires locales, à travers la libre administration des collectivités et l’amélioration de leur gouvernance, et par extension, l’amélioration de la gouvernance de toutes nos institutions publiques. Le respect de la souveraineté et de l’unité nationale, de l’intégrité du territoire, du caractère républicain et laïc de l’Etat du Mali constitue le socle des données intangibles des négociations en cours. Comme déjà exprimé par ailleurs, le Gouvernement reste ouvert à tout autre effort qui s’avererait nécessaire à entreprendre pour relever le niveau de développement de nos régions.

 

Face à ces offres audacieuses et ambitieuses du Gouvernement, nous osons espérer que nos frères d’en face, nos frères des mouvements armés, saisiront cette occasion historique pour supporter la conclusion rapide d’un accord de paix global et définitif. Ainsi contribueront-ils avec un immense mérite, à mettre fin aux souffrances actuelles de l’ensemble du peuple malien. Je pense notamment aux conditions de vie précaires des réfugiés et des déplacés internes, ainsi que celles des personnes retournées dans leurs localités d’origine. Je pense surtout à la situation sécuritaire sur le terrain. L’insécurité induite conduit inutilement à des pertes en vies humaines, à la destruction des infrastructures laborieusement mises en place pour faciliter l’accès de populations démunies aux services essentiels de base. Bref, cette insécurité latente conduit à la paralysie des activités économiques dans le Nord du Mali et au découragement de riches partenariats qui s’étaient offerts au pays.

 

A titre d’exemples, de décembre 2014 à nos jours, nous avons enregistré au moins cinq attaques significatives dans différentes localités. Ces actions criminelles et vaines montrent à suffisance la détermination des groupes terroristes et des forces hostiles au pays, qui cherchent à entraver le processus de paix en cours. Ces actes constituent autant de violations flagrantes des accords de cessez-le-feu, des clauses de la feuille de route et des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. Ces actes nous interpellent tous. C’est pourquoi, le Gouvernement a demandé la mise en place, sur le modèle de la brigade de la MONUSCO, d’une force d’intervention rapide soutenue par les pays contributeurs. Elle devra être déployée dans le Nord du Mali. Elle sera dotée de règles d’engagement adéquates et de moyens robustes, pour lutter efficacement contre les groupes terroristes et les narcotrafiquants.

 

C’est l’occasion d’appeler nos frères des mouvements armés à faire preuve de responsabilité et de soutenir, avec détermination, l’objectif d’un préaccord de paix à conclure à l’occasion de la reprise prochaine des négociations d’Alger.

 

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis et Partenaires du Mali,

Je voudrais, à cet égard, vous demander de faire écho de cet appel auprès de nos frères des mouvements armés. Je voudrais vous demander de vous investir pour une participation effective des principaux leaders politiques et militaires des mouvements aux prochaines négociations, de manière à garantir la conclusion effective d’un préaccord, ainsi que de jeter des bases solides de la mise en œuvre effective de celui-ci.

 

Chers Amis et Partenaires du Mali, nul besoin de souligner, qu’au-delà de la signature future d’un accord, sa mise en œuvre effective sera une étape importante et complexe. Nous savons pouvoir compter sur votre accompagnement constant dans les domaines politiques, techniques et financiers. Nous vous en savons gré par avance.

 

Excellence Monsieur le Doyen du Corps diplomatique ;

Mesdames et Messieurs les Chefs de missions diplomatiques et des organisations internationales ;

La gouvernance de nos ressources a été également une autre épreuve majeure de l’année 2014. Elle a été au centre des préoccupations de notre peuple et de ses partenaires, particulièrement à l’occasion des vérifications des contrats d’achat d’un aéronef de commandement et de fournitures d’équipements militaires. En dépit de tout, j’ai accepté, en toute transparence et sans interférence aucune, que nos structures de contrôle, précisément le Vérificateur Général et la Section des Comptes de la Cour suprême, travaillent à l’établissement des faits et à la vérification de la performance publique. Le but a été d’aider à corriger les erreurs potentielles et d’améliorer la gouvernance des systèmes, pour le bonheur et le bien être du peuple malien.

Vous me permettrez de saluer ici la coopération étroite, qui s’est instaurée, à cette occasion, entre le Gouvernement et les Institutions financières internationales. Elle aura permis d’identifier en toute transparence les déficiences des opérations, d’apporter tous les correctifs nécessaires et de tirer des leçons utiles pour l’avenir.

Je voudrais, rappeler ici, ce qu’a été ma seule ambition, c’est-à-dire la fidélité à mon serment, celui de toujours servir mon pays et le peuple malien qui m’a accordé sa confiance. L’objectif économique reste de soutenir l’avènement rapide d’un Mali émergent pour le bonheur de tous.

Je voudrais clore ce chapitre et saluer les progrès dus aux différentes réunions de suivi du processus de Bruxelles « Ensemble pour le renouveau du Mali ». Il me semble qu’un processus similaire devra être mis en place pour le financement efficace de l’accord de paix en négociation à Alger. A cet égard, je me félicite déjà de la programmation, le 5 février 2015, de la prochaine réunion, en marge de laquelle sera signé le nouveau Programme indicatif national de l’Union Européenne.

Excellence Monsieur le Doyen du Corps diplomatique ;

Mesdames et Messieurs les Chefs de missions diplomatiques et des organisations internationales ;

Une autre épreuve majeure de l’année 2014 aura été l’irruption de la maladie à virus Ebola sur la scène nationale. Le Mali a connu sept cas confirmés dont cinq mortels et deux cas de guérison. Fort heureusement, notre pays ne connait actuellement aucun autre cas à ce jour. Le succès ici s’explique par la mobilisation et le professionnalisme de nos services de santé, la coopération effective de nos communautés et l’engagement à nos côtés de tous nos partenaires de la communauté internationale.

 

Vous l’avez rappelé, à juste raison, la lutte contre Ebola, est une action interdisciplinaire de l’ordre de la défense nationale.

 

Je salue à cet égard la visite, le mois dernier, du Secrétaire général des Nations Unies, accompagné par la Directrice générale de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et je l’en remercie. J’en ai été honoré, car il était venu exprimer sa solidarité au peuple malien, à un moment crucial de cette lutte. Il a pu apprécier de visu la qualité du leadership avec lequel nous avons géré l’épidémie.

 

Nous sommes fiers des efforts déployés. De même sommes-nous fortement encouragés par les résultats atteints à cette date. Toutefois, le Mali n’est pas totalement à l’abri des risques, tant que cette épidémie ne sera pas vaincue à nos frontières du Sud.

 

Excellence Monsieur le Doyen du Corps diplomatique ;

Mesdames et Messieurs les Chefs de missions diplomatiques et des organisations internationales ;

Nonobstant nos multiples défis, le Mali reste très attentif à l’évolution de la situation en Afrique et dans le reste du monde.

 

C’est pourquoi, je voudrais saluer les efforts en cours de la communauté internationale en faveur de la résolution pacifique et durable de la crise centrafricaine.

 

Je félicite à nouveau le peuple frère tunisien pour la réussite de sa transition démocratique. Je n’oublie pas le peuple frère de Namibie qui suit également un chemin heureux et plein de promesses.

 

Je note avec satisfaction la reconnaissance grandissante de la cause palestinienne dans le monde et je réaffirme le soutien constant du Mali au peuple palestinien dans sa lutte légitime pour l’autodétermination.

 

Par ailleurs, le Mali reste fortement préoccupé par la situation en Libye, qui nécessite une intervention internationale, pour éviter un niveau de dégradation irréversible.

Nous sommes enfin préoccupés par les effets, dans notre environnement immédiat, des actions subversives et violentes de l’Etat islamique.

 

Excellence Monsieur le Doyen du Corps diplomatique ;

Mesdames et Messieurs les Chefs de missions diplomatiques et des organisations internationales ;

Au-delà du sceau formel qui entoure nécessairement les vœux des diplomates, la cordialité de votre message est un réel témoignage d’estime et d’attachement à la République du Mali. Ces vœux sont aussi l’expression de l’amitié sincère et de la solidarité agissante de vos pays, ainsi que des institutions et organismes que vous représentez. Je vous en remercie très sincèrement.

 

Je voudrais pour conclure, transmettre de nouveau à vous même et à vos collaborateurs, aux Souverains, aux Chefs d’Etat et de Gouvernement, aux Eminents responsables des différentes Organisations qui vous ont investis de leur confiance, mes vœux de santé, de paix, de bonheur et de prospérité pour la nouvelle année. J’associe à ces vœux les membres de vos familles, vos proches et vos peuples respectifs.

 

Puisse l’année 2015 être celle de la concrétisation de nos plus chères aspirations individuelles, de nos résolutions en tant que Nations amies et comme membres d’une même communauté internationale.

 

Je vous remercie de votre aimable attention./.