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03.01.2015

NOUVEL AN 2015 : Réponse de SEM Ibrahim Boubacar KEITA, Président de la République, Chef de l’Etat, aux voeux de la Presse (Koulouba, le 30 décembre 2014)

Monsieur le Président du Comité National de l’Egal Accès aux Médias d’Etat ;

Madame la Présidente par intérim du Conseil Supérieur de la Communication ;

Monsieur le Président de la Maison de la Presse ;

Mesdames, Messieurs les Responsables et Représentants des Médias d’Etat ;

Mesdames, Messieurs les membres des institutions de Régulation ;

Monsieur le Président de l’Union Nationale des Journalistes du Mali ;

Mesdames, Messieurs les Représentants du Groupement Professionnel des Agences de Communication ;

Mesdames, Messieurs les Responsables des Organisations Professionnelles de la Presse ;

Mesdames, Messieurs les Professionnels et Représentants des différents corps de métier de l’Audiovisuel ;

Mesdames, Messieurs les correspondants de la Presse internationale ;

Mesdames, Messieurs, en vos rangs, grades et titres respectifs ;

Mesdames, Messieurs,

Presse

Je voudrais commencer mon propos en répondant à une question récurrente. En effet, il m’est souvent fait reproche, en toute amitié, par quelques membres de cette respectable assemblée, de n’avoir pas encore daigné accorder d’interview exclusive ou de « scoop » à la presse nationale en général, ni par ailleurs à la presse privée.

J’assume cet état des faits et je m’engage à le réparer à la plus prochaine occasion. Laissez-moi vous dire combien je suis heureux de vous accueillir ici à Koulouba, symbole de la République. Je me réjouis de cette cérémonie chaleureuse et fraternelle, qui est une des particularités de notre vivre en commun. Ainsi, l’espace d’une demi-journée, une fois l’an, nous nous retrouvons pour nous rappeler mutuellement les valeurs qui fondent notre Nation.

Sur cette vieille terre du Mali, qui a vu naître, en d’autres temps, des civilisations parmi les plus brillantes d’Afrique de l’Ouest, il sied d’user et même parfois d’abuser de la convivialité, de la bienséance et du sens du vivre ensemble. Nul ne nous en tiendra rigueur.

Mesdames, Messieurs,

Par la science de vos diverses professions, vous nous proposez des instantanés de notre évolution dans le temps. Vous avez aussi la puissance de nous révéler à nous-mêmes, tel que nous sommes et non tel que nous aurions aimé être. Enfin, de façon directe, avec les mots et les images qui sont les vôtres, vous avez l’art de nous encourager, de nous critiquer, de nous faire des propositions, de nous mettre en garde contre les errements de l’exercice du pouvoir d’Etat, de nous obliger à rendre compte directement et plus opportunément à nos mandats et, j’insiste là-dessus, de nous contraindre à nous améliorer.

Merci pour le sacerdoce !

Monsieur le Président du Comité National de l’Egal Accès aux Médias d’Etat,

Je vous sais gré des alertes que vous n’avez pas cessé de lancer depuis notre rencontre de l’année dernière. Mais je puis vous rassurer que nous sommes totalement en phase, lorsque vous plaidez pour l’avènement d’un organe unique de régulation, d’un organe efficace, ambitieux et doté des missions et prérogatives requises pour se mettre à la hauteur des défis importants, urgents et complexes que nous devons relever ensemble.

L’avènement de la Télévision Terrestre Numérique (TNT), que vous décrivez avec tellement d’enthousiasme et d’images, est un vrai défi qui nous assaille depuis plusieurs années. Nous avons l’obligation de nous hâter et de ne pas rater le train. Je puis vous assurer que le Gouvernement a pris la pleine mesure des enjeux stratégiques inhérents à cette question et qu’il est à l’action.

L’Etat prendra toutes les mesures légales et réglementaires pour sécuriser les autoroutes numériques. Nous les empruntons déjà. Nous savons que celles de demain formeront un réseau dense, interconnecté et, nous exposant potentiellement à plus de risques.

De fait, l’Etat malien ne ménagera aucun effort pour tirer le plus grand bénéfice des dividendes lui revenant de droit dans l’opération de transition numérique.

La tâche paraît certes énorme, mais, en définitive, elle n’est pas au-dessus de notre volonté politique ni de nos forces.

Madame la Présidente par intérim du Conseil Supérieur de la Communication,

En ma double qualité de membre de la classe politique régulièrement engagée dans la compétition électorale, et d’ancien Président de l’Assemblée Nationale, je suis un témoin privilégié de l’histoire institutionnelle de notre pays.

J’ai été témoin du rude combat qu’ont mené vos devanciers – mon jeune frère Feu Moussa KEITA et ma sœur Madame TOGOLA Jacqueline NANA. Ils vous ont transmis le flambeau et vous le portez si bien et si haut.

Le Conseil Supérieur de la Communication s’est battu et se bat encore de nos jours, malgré son grand dénuement, pour réussir sa mission. Comme le dit l’adage, « à transpirez sous la pluie, vos efforts physiques restent peu perceptibles ». Mais, cher ami, votre récompense, c’est la satisfaction de l’opinion publique et la stabilité de la Nation. Votre propre satisfaction, c’est le service rendu à la Nation et la joie intime du devoir accompli.

Grâce à vous et à tous ceux qui ont cru en votre combat, le paysage audiovisuel malien est en pleine mutation. L’agenda pour la mise en place de la Haute Autorité de la Communication (HAC) est très avancé. En mutualisant nos efforts, nous aborderons le cap de la Transition numérique avec une grande assurance, dans le respect des dates prescrites.

Merci pour la belle leçon de patriotisme. Nous vous en savons gré et vous en remercions très sincèrement !

Monsieur le Président de la Maison de la Presse,

J’ai compris que vous êtes arrivé aux affaires depuis peu, si bien que vous découvrez à peine l’étendue de la tâche qui vous attend. Je voudrais vous féliciter pour la confiance que vos confrères ont placée en vous, et vous dire que notre soutien ne vous fera pas défaut.

Je me réjouis de l’engagement de la Maison de la Presse d’apporter un soutien critique aux institutions publiques. Merci par avance. Chacun doit exceller dans son rôle et, c’est à ce prix, que nous construirons, ensemble, une démocratie dynamique, participative, inclusive et conviviale.

Monsieur le Président,

Malheureusement, l’infortune de la presse malienne est une réalité d’origine structurelle. Le Gouvernement est disposé à analyser avec vous toute modalité pratique qui vous aiderait à évoluer vers une professionnalisation effective.

A ce propos, je vous concède que l’aide publique à la presse ne représente qu’une portion congrue du financement de vos entreprises. Un examen conjoint, froid et honnête des situations diverses devrait vous permettre de consolider les fondements de vos entreprises pour le plus grand bénéfice de notre démocratie. Le Gouvernement y est disposé.

Je me réjouis de constater que vous prenez une part très courageuse et citoyenne dans la gestion des crises graves que nous vivons depuis plusieurs années. Vous avez été sur tous les fronts lorsque nos institutions publiques avaient été ébranlées par une mutinerie, qui malgré tout, s’était transformée très vite en coup d’Etat. Vous avez été à l’avant-garde lorsque la partie septentrionale de notre pays, a été occupée par des hordes obscurantistes de narcotrafiquants et de criminels. Vous êtes actuellement aux avant-postes au moment où les représentants de l’Etat et ceux des groupes armés du Nord se retrouvent à Alger pour un cycle de pourparlers inter-maliens. De même, votre contribution a été très appréciée, car elle a facilité la mobilisation générale et elle a aidé à freiner la propagation de la fièvre hémorragique à virus Ebola.

Pour cela et pour bien d’autres combats que vous menez au nom du Mali, je me dois de vous exprimer ma profonde gratitude. Je vous engage à poursuivre et maintenir le niveau et la qualité de la mission de service public que vous conduisez si opportunément. La recherche du profit et la responsabilité citoyenne des médias ne sont pas antinomiques. Bien au contraire, les médias de chez nous demeurent des outils irremplaçables pour la défense des grandes causes, ainsi que pour l’éducation et la sensibilisation des communautés, bref pour l’effectivité du réveil des consciences.

Monsieur le Président du Comité National de l’Egal Accès aux Médias d’Etat ;

Madame la Présidente par intérim du Conseil Supérieur de la Communication ;

Monsieur le Président de la Maison de la Presse ;

Mesdames, Messieurs les Professionnels des Médias et de l’Audiovisuel,

Mesdames, Messieurs,

Les exigences protocolaires m’obligent à m’en tenir là pour l’instant.

A mon tour, je voudrais vous remercier pour les vœux très chaleureux que vous venez de m’adresser.

Je vous prie d’accepter mes vœux de santé, de réussite, de prospérité et de bonheur, pour vous-mêmes, vos familles et pour l’ensemble de vos proches.

Qu’Allah protège le Mali !

Je vous remercie.