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01.12.2014

Discours de SEM Ibrahim Boubacar KEITA, Président de la République, Chef de l’Etat, à l’occasion de la Journée Mondiale de Lutte le SIDA et du Lancement du Mois de Lutte contre le SIDA

M. le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,

M. le Président de l’Assemblée Nationale,

Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,

M. le Président du Haut Conseil des Collectivités Territoriales,

M. le Président du Conseil Economique, Social et Culturel,

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Chefs de missions diplomatiques et consulaires et des organisations internationales accréditées au Mali,  Mr le Secrétaire Exécutif du Haut Conseil National de lutte contre le SIDA,

M. le Président du Groupe thématique ONUSIDA,

Honorables Invités en vos rangs, qualités et grades respectifs,

Mesdames et Messieurs,

 

Le Mali, en communion avec l’ensemble des Nations du monde entier, célèbre aujourd’hui, la Journée mondiale de lutte contre le VIH et le SIDA. Journée de communion, de souvenirs et de réflexions, mais surtout, de partage et de solidarité avec les personnes infectées et affectées par le VIH-SIDA.

En cette auguste journée, je voudrais au nom du gouvernement du Mali et en mon nom propre, affirmer notre engagement dans la lutte contre cette pandémie qui affecte durement nos populations, déstabilise et détruit nos foyers, ralentit sinon contrarie le développement de nos pays.

Mesdames et Messieurs,

Mes pensées vont en ce moment vers toutes ces familles, ces femmes, ces hommes et ces enfants qui vivent ce drame au quotidien. Je veux qu’ils sachent que tout le Peuple malien est avec eux, que le Mali les soutient et continuera à les soutenir.

Selon les données de l’ONUSIDA, il y a eu des progrès notoires dans la lutte contre ce fléau aussi bien en Afrique que sur tous les autres continents. Aussi, avons-nous pu observer que le taux des nouvelles infections a baissé de 24% dans 22 pays africains dont le Mali.

Malgré ces progrès méritoires, il faut cependant rester prudent, ne pas baisser la garde et continuer à maintenir la lutte contre ce fléau parmi nos priorités nationales.

Le 25 septembre 2014, lors d’une réunion de haut niveau à New York, en marge de la 69ème session de l’Assemblée Générale des Nations Unies, je me suis engagé, avec les autres chefs d’Etat africains présents, à éliminer le SIDA à l’horizon 2030. Pour y arriver, il fallait se mettre d’accord sur les points suivants :

1) obtenir l’engagement et l’adhésion des pays et des partenaires au développement pour une action ciblée et intensifiée jusqu’en 2020, afin de mettre fin à l’épidémie du SIDA, d’ici à 2030,

2) développer une stratégie d’accélération harmonisée dans les pays, et,

3) spécifiquement, accélérer l’atteinte des trois zéros en passant par le sous objectif du 90-90-90 en 2020.

L’objectif est certes ambitieux, mais il reste à notre portée. Certains le réussissent déjà. Nous pouvons le réussir aussi. Nous ne resterons pas sur le quai à regarder les autres partir.

Mesdames et Messieurs,

Comme vous le savez, le programme SIDA a été, au cours des quatre dernières années (2010 à 2014), sous investigations par le Fonds mondial, un des principaux pourvoyeurs de ressources financières du programme. Le rapport d’audit produit par ce dernier et publié le 6 octobre dernier, a rétabli les faits en ce qui concerne le Mali. Il blanchit et donne un quitus à la gestion de notre programme et il rétablit l’honneur de tous les acteurs de la chaîne. J’en suis fier et très heureux.

Le Directeur Général du Fonds mondial m’a exprimé les excuses de son institution, le 25 septembre dernier à New York, lors de notre entretien en marge de l’Assemblée Générale des Nations Unies. De plus, au cours de son récent séjour au Mali, il a réitéré les regrets de son institution, tout en sollicitant de tourner la page de ce douloureux épisode. Qu’il en soit ainsi ! En effet, toute l’équipe d’investigation, responsable du tort indu causé à notre pays, aux innocents fonctionnaires et prestataires de services maliens, a été remerciée et invitée à quitter son organisation.

Renouant avec une coopération de qualité et acceptant de regarder vers l’avenir avec nous, le Fonds mondial vient de faire la promesse au Mali d’un financement de 218 millions de dollars, ce qui devrait rassurer tous les bénéficiaires et activistes de la poursuite de l’assistance du programme.

Au nom du Mali, je voudrais féliciter et remercier le Directeur Général du Fonds mondial pour l’honnêteté intellectuelle, l’humilité et le courage personnel dont il a fait preuve en ces circonstances, car peu de responsables publics auraient agi avec une telle droiture, magnanimité et transparence.  

Mesdames et Messieurs,

Le 1er décembre 2013, dans cette même salle, je vous avais promis la création d’un Fonds national de lutte contre le SIDA, afin de rendre durables les effets bénéfiques des énormes efforts déployés à cette date. Aujourd’hui, c’est presque chose faite. En effet, les textes législatifs et réglementaires y relatifs ont été soumis à l’examen du Gouvernement. Ils fixent le cadre institutionnel d’action et déterminent les objectifs spécifiques, l’horizon temporel de nos actions, ainsi que les ressources à mettre en œuvre.

Je considère que la mise en place effective de ce Fonds national comme l’un des symboles forts de mon engagement personnel, et de celui des autorités nationales dans la lutte contre ce fléau. Ce sera aussi l’expression de la volonté nationale du Peuple malien d’atténuer fortement la dépendance de notre pays vis-à-vis de l’aide extérieure en matière de lutte contre le SIDA.

Mesdames et Messieurs,

Avant de terminer, permettez-moi de dire quelques mots sur la maladie à virus EBOLA, qui constitue l’une des plus grandes menaces que le Mali ait jamais connues. Ensemble, nous avons pris toutes les dispositions pour faire face à ce fléau, et Inch Allah, nous le vaincrons.

Encore une fois, je voudrais inviter toutes les Maliennes et tous les Maliens à suivre les mesures de prévention édictées par ceux qui nous assistent en la matière. Il faut vous protéger et aider à protéger vos familles et proches contre cette maladie invisible, mais virulente et ravageuse. La protection est habituellement un acte individuel, mais dans le contexte présent, elle devient une mission nationale et collective, requérant la mobilisation de nous tous.

Je voudrais aussi remercier la Communauté internationale ainsi que les partenaires techniques et financiers pour tout l’appui qu’ils apportent à mon pays. Qu’ils trouvent tous ici le témoignage de notre gratitude. C’est le lieu de dire particulièrement un grand merci aux trois Directeurs exécutifs d’institutions internationales que sont l’OMS, l’ONUSIDA et le Fonds mondial, ainsi qu’au Directeur général de l’Agence Nationale de la Recherche Scientifique de la France.

Du 22 au 26 novembre nous avons eu le plaisir de les recevoir en visite à nos côtés et d’apprécier hautement la solidarité de leurs mandants. Ils sont venus apprécier, sur le terrain, le contexte institutionnel  les actions en cours et les résultats atteints dans la lutte contre le VIH-SIDA et la fièvre à virus EBOLA.

Je voudrais également féliciter chaleureusement et encourager vivement les autorités politiques et administratives, les acteurs de la société civile et du secteur privé pour leurs multiples actions. Tous sont en train de célébrer le mois de lutte contre le SIDA dans leurs zones respectives.

Mes mots d’encouragement et de soutien vont aux parrains du mois de décembre dans leurs efforts de mobilisation du peuple malien autour de l’objectif d’élimination totale de ce fléau. Je salue et remercie tous les acteurs et les artistes qui ont égayé la présente cérémonie de lancement de la journée mondiale de lutte contre le SIDA.

Je voudrais enfin, saluer les personnes vivant avec le VIH-SIDA et les rassurer une fois de plus du soutien indéfectible du gouvernement du Mali. Sachez que nous avons écouté vos doléances, attentivement, avec beaucoup d’émotion et qu’une réaction appropriée vous sera réservée.

Vive le Mali, uni contre le VIH-SIDA et contre le virus Ebola.  

Je vous remercie.