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04.11.2014

Discours de SEM Ibrahim Boubacar KEITA, Président de la République, Chef de l’Etat, à l’occasion de la cérémonie de la rentrée solennelle des Universités, des Grandes Ecoles et des Instituts du Mali (Bamako, le 04 novembre 2014)

Monsieur le Premier ministre, Chef du Gouvernement ;

Monsieur les Présidents des Institutions de la République ;

Mesdames et Messieurs les ministres ;
Mesdames et Messieurs les représentants des Corps diplomatiques et consulaires accrédités au Mali ;

Mesdames et Messieurs les Parents d’Etudiants ;
Mesdames et Messieurs les professeurs ;
Mesdames, Messieurs
,

 

Après la cérémonie de rentrée solennelle des Cours et Tribunaux de notre pays, nous voilà à celle des établissements d’enseignement supérieur. Voilà deux segments qui refonderont le destin de notre pays et le porteront au rendrez vous de la performance et du développement.

Mesdames et Messieurs,

Des progrès quantitatifs ont été enregistrés ces dernières années dans le secteur de l’éducation, à la faveur d’efforts financiers soutenus. La couverture scolaire s’est accrue avec des taux bruts de scolarisation de 82% pour le premier cycle de l’enseignement fondamental, 48,8% dans le second cycle, 14,8% dans l’enseignement secondaire.

Mais, dans le même temps, la qualité de l’enseignement s’est profondément dégradée, contribuant à perpétuer la pauvreté dans laquelle demeurent nombre de nos compatriotes et les inégalités parmi les moins acceptables de notre pays.

Depuis 15 ans, la société malienne regarde sans réagir son école s’effondrer. L’école malienne traverse une crise majeure, qui deviendra demain une crise sociale profonde si rien n’est fait pour la conjurer.

Il nous revient de mettre tout en œuvre pour un redressement durable des performances du Système éducatif, en particulier l’amélioration effective des apprentissages et la préparation à la vie active.

C’est pourquoi, en sollicitant la confiance de mon pays en 2013, nous nous sommes fixés des objectifs de redressement de l’Ecole malienne dans la mesure où l’avenir de ce pays se jouera à travers sa jeunesse.

Ces objectifs sont :

1. la revalorisation de la fonction enseignante,

2. la rationalisation de la gestion administrative du personnel enseignant,

3. la modernisation des programmes d’enseignement,

4. le renforcement des infrastructures du réseau scolaire,

5. le développement de l’enseignement des sciences et techniques,

6. le développement de l’utilisation des TICE (technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement),

7. le renforcement du partenariat avec le Secteur privé en vue de l’élargissement de l’Offre Scolaire,

8. l’amélioration de la gestion administrative de l’enseignement fondamental,

9. le développement d’une formation professionnelle de qualité,

10. l’autonomisation et l’efficience éducative de l’enseignement supérieur,

11. la mise en œuvre de contrats de performance et la généralisation de l’alphabétisation des adultes.

Face à ce triste constat de la faible performance du système éducatif, l’action du Gouvernement dans ce secteur sera placée dans le cadre d’une vision globale. Il s’agit de voir l’école malienne recouvrer le plus rapidement possible les deux vocations essentielles d’un bon système éducatif : construire un bon citoyen et lui procurer une formation qui puisse lui permettre d’avoir un emploi. «Cette vision se décline en trois phases d’action: une phase d’urgence, à mettre en œuvre sur une période de trois ans («stabiliser le malade»), une phase intérimaire, pour engager les réformes, dans le cadre d’un programme décennal («le redresser et le renforcer») et une phase de moyen terme, pour remettre le dispositif dans un cadre approprié, avec des fondamentaux solides pour le futur («le transformer en athlète!»)».

Mesdames et Messieurs,

Le thème retenu pour cette rentrée solennelle (Quel enseignement Supérieur pour le Mali ?) me parait plus que jamais une interrogation pleine de significations. Il nous invite à tirer les leçons du passé et à s’interroger sur l’avenir de notre enseignement supérieur.

Nous avons donné la voie du redressement de l’Enseignement Supérieur dans notre pays à travers l’organisation d’une Concertation Nationale sur son devenir en avril 2014. Mon Gouvernement travaillera à la mise en œuvre des recommandations pertinentes issues de cette Concertation.

Mesdames et Messieurs, investir dans le savoir, c’est préparer le Mali de demain.

C’est pourquoi nous nous engagerons à augmenter le nombre d’emplois dans l’enseignement supérieur et d’infrastructures d’accueil pour améliorer les capacités d’encadrement et l’environnement d’apprentissage.

La recherche sera par ailleurs l’un des premiers secteurs auxquels seront consacrés les investissements d’avenir. J’ai demandé que soit accélérée la mise en œuvre du Fonds Compétitif pour la Recherche et l’Innovation Technologique (FCRIT).

Nous avons engagé des réformes du cadre juridique et institutionnel de l’enseignement supérieur pour renforcer l’autonomie mais aussi la recevabilité des établissements d’enseignement supérieur.

L’esprit de cette réforme est de donner à nos universités toutes leurs chances dans l’émulation intellectuelle qui se situe maintenant à l’échelle mondiale.

J’appelle surtout les entreprises elles-mêmes à reconnaître l’importance des travaux des chercheurs et des universitaires et la valeur des diplômes qui les consacrent.

Comment accepter en effet que le plus haut grade décerné en France par l’université, celui de docteur, soit si peu reconnu sur le marché du travail ? Les études doctorales sont encore perçues comme un moment de spécialisation dont les seuls débouchés seraient académiques. On oublie trop que c’est aussi une formation professionnelle.
Mesdames et Messieurs, Chers Enseignants,

Notre cher pays le Mali a plus que jamais besoin des compétences pour mieux se positionner dans le concert des Nations.

Cela ne sera jamais une réalité sans engagement individuel et collectif. Nous devons nous convaincre à comprendre que le savoir et le savoir faire feront le Mali de demain. A ce titre, l’Ecole doit rester un espace de production et de transmission du savoir. Vous comprendrez aisément que votre responsabilité est très grande dans cette entreprise.

Chers Etudiants, en m’adressant à vous, vous devez comprendre que l’heure du labeur a sonné pour être au rendez-vous de la performance, de la compétitivité et de l’employabilité. L’espace universitaire doit et restera un espace d’apprentissage et de l’émulation scientifique où la violence, la corruption n’auront plus droit de citer. Des instructions fermes ont été données aux Ministres en charge de l’Education et de l’Enseignement Supérieur à l’effet d’éradiquer les mauvaises pratiques de l’espace scolaire et universitaire.

Je crois à la transmission du savoir. Je crois à la recherche. J’ai confiance dans le progrès indissociable de la science.
Ce sont ces valeurs-là qui fondent l’hommage que nous rendons à toutes ces femmes et hommes qui font l’honneur et la fierté du Mali.

Sur ces notes d’espoir, je déclare ouvertes les activités académiques et de recherche des établissements d’enseignement supérieur au titre de 2014-2015.

Je vous remercie de votre aimable attention !

Bamako, le 03 novembre 2014.