Retour
10.12.2014

Allocution de S.E.M. Ibrahim Boubacar KEITA, Président de la République, Chef de l’Etat du Mali, à la cérémonie solennelle de sortie de la deuxième promotion de l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) – Bamako, le 09 décembre 2014

Monsieur le Premier ministre, Chef du gouvernement,

Honorable Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les Représentants du Corps diplomatique et consulaire, ainsi que des Organisations internationales, accrédités auprès de la République du Mali,

Messieurs les Recteurs des Universités de Bamako,

Monsieur le Directeur Général de l’ENA,

Mesdames et Messieurs les Elèves fonctionnaires de la 2ème promotion de l’ENA,

Chers Parents,

Honorables invités, IMG_1296wattt

 

C’est avec une immense joie et un sentiment de fierté que je prends part, ce matin, à cette cérémonie, traditionnelle et importante de notre prestigieuse institution de formation, je veux nommer l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) du Mali.

 

Je voudrais, tout d’abord, vous féliciter, Mesdames et Messieurs les Elèves fonctionnaires, pour votre réussite au concours d’entrée, mais surtout, pour le brillant succès de formation de toute votre promotion. Ces résultats consacrent autant l’accomplissement d’un destin personnel, que le signe visible des valeurs cardinales auxquelles vous avez souscrit à présent, celles de l’effort, de la perspicacité et du travail bien accompli. En cela, votre exemple doit être une source d’inspiration pour toute la jeunesse, car la première, et assurément, la plus grande des richesses de notre pays, est et reste, son riche patrimoine en ressources humaines de qualité. C’est un bien précieux, à la fois un moteur et un bénéficiaire du développement, un patrimoine inépuisable, pour peu que nous sachions bien le soigner et en faire un bon usage à tout instant.

 

Aucune avancée significative et durable en matière de promotion du développement ne peut être initiée, ni réalisée, en l’absence d’engagement patriotique, sans la détermination des fils du pays à faire face aux multiples défis et enjeux du moment.

Au sein de notre dispositif institutionnel de formation, la nouvelle ENA a reçu la haute mission d’assurer la formation des fonctionnaires des grands corps administratifs de l’Etat. L’objectif est de rendre disponibles, en nombre suffisant, avec la diversité et suivant la qualité requises, des fonctionnaires de haut niveau, techniquement et professionnellement compétents, faisant suffisamment montre de sens de l’Etat et mus par l’intérêt général, bref, des fonctionnaires équipés d’une solide culture du service public.

 

Le Mali d’aujourd’hui a besoin d’une administration performante, impartiale, neutre, respectant des normes élevées d’éthique et qui reste prudente dans ses jugements. Il lui faut panser ses plaies, se reconstruire, c’est-à-dire recouvrer son crédit auprès des usagers et de la population, renouant avec les valeurs et performances des Pères fondateurs de notre République.

 

Pour reprendre une formule de Michel DEBRE, initiateur en 1945 de l’ENA en France, « L’administration est dans toute société une institution fondamentale ». Cette assertion a trouvé sa confirmation dans le rôle central que l’administration a joué pour la préservation et la continuité de l’Etat au Mali, particulièrement lors de la grave crise institutionnelle et sécuritaire de 2012-2013.

 

C’est le lieu ici de rendre hommage et d’exprimer la reconnaissance de la Nation à tous ces agents de l’Etat, civils comme militaires, qui ont placé l’intérêt du Mali et leur devoir de serviteurs de l’Etat au-dessus de tout, parfois au prix du sacrifice ultime.

 

Nous attendons de tous les agents publics un dévouement sans faille à la cause nationale, un respect scrupuleux du bien public et une application constante des règles qui gouvernent les rapports entre l’administration et les citoyens. Ces exigences s’imposent particulièrement à vous élèves fonctionnaires, à ce moment précis de la vie de la Nation malienne.

 

Mesdames et Messieurs les Elèves fonctionnaires

Vous entrez dans la vie publique dans un contexte de réformes et de modernisation de l’Etat, y compris de réforme des secteurs de la défense et de la sécurité. Ces réformes ont trois caractéristiques essentielles:

D’une part, la mise en œuvre prochaine d’une politique de décentralisation/ régionalisation conduite dans le cadre d’une vaste entreprise de dévolution effective de larges compétences au Collectivités Territoriales et d’une forte légitimation de leurs élus et dirigeants ;

D’autre part, la modernisation et l’adaptation de l’administration centrale à ce nouveau contexte, c’est-à-dire avec des ambitions légitimes et plus élevées, qui lui sont fixées en termes d’objectifs, de missions et responsabilités, ainsi que de prérogatives et obligations, c’est-à-dire des outils institutionnels des moyens humains, matériels et financiers, ainsi que des programmes nouveaux, évalués de manière participative, inclusive, avec des résultats de performance à suivre comme du « lait sur le petit feu » ;

Enfin et en accompagnement de ces politiques, la mise en œuvre d’une gamme étendue de réformes de la gouvernance des systèmes publics et de la livraison des prestations publiques. En effet, la crédibilité de l’Etat est fortement tributaire de la qualité de la délivrance des prestations de service public. De même une application déterminée et stricte de la loi, de la discipline administrative et des principes cardinaux d’économie, d’efficacité et d’efficience, sera nécessaire pour bannir l’impunité, pour une plus grande appropriation des projets et programmes de l’Etat, pour des résultats socioéconomiques probants et plus élevés. De telles actions couvriront, par ailleurs tous les chantiers nécessaires à la redynamisation de la vie économique, sociale et culturelle du pays. C’est dire qu’elles couvriront la revue des relations de partenariat entre les secteurs public et privé en vue d’un meilleur partage des rôles respectifs, l’adaptation urgente des relations que l’Etat entretient, et cela sur des bases justes et équitables, avec, entre autres, les acteurs politiques, les syndicats, les communautés à la base et la société civile entendue au sens large, ainsi qu’avec les institutions critiques pour le développement telles que les institutions de formation, la presse et les légitimités traditionnelles.

        

Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs,

Le service de l’Etat ne sera pas noble pour ceux qui ne se montreraient pas dignes de lui. Aussi, est-ce le lieu d’adresser à Monsieur le Directeur Général, au personnel et aux formateurs de l’ENA, mes félicitations et mes encouragements pour la qualité du travail accompli en matière de formation des cadres.

 

L’ENA doit rester à la pointe du progrès de notre administration. Elle sera soutenue dans l’exécution de ses missions de renforcement des capacités des ressources humaines de qualité. Aussi, allons-nous veiller à la réalisation effective, et dans les délais prévus, des travaux de construction du nouveau siège de cette institution.

 

Mesdames et messieurs les élèves fonctionnaires,

A présent, je voudrais tout simplement vous souhaiter une vie active riche en résultats, une belle carrière administrative et une réussite personnelle, pour le bonheur des Maliens et pour un avenir promoteur du service public.

 

Vive le Mali.

Je vous remercie