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08.01.2015

NOUVEL AN 2015 : Voeux de Monsieur Dramane Aliou KONE, Président de la Maison de la Presse, au Chef de l’Etat (Koulouba, le 30 décembre 2014)

Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat,
 
Au nom de l’ensemble de la presse malienne et des correspondants de la presse étrangère, je voudrais, en cette occasion solennelle, vous souhaiter une bonne et heureuse année 2015. 
 
Ces vœux s’adressent aussi à votre famille, à vos collaborateurs, au Gouvernement et à l’ensemble des Institutions de la République.
 
Monsieur le président, en République, en démocratie, la presse, les journalistes, ont pour mission, entre autres, d’informer, de sensibiliser, de former, de veiller, d’encourager, de dénoncer, d’inciter tous les acteurs à rester vigilants. Nous avons joué cette mission avec plus ou moins de bonheur et sommes déterminés à réussir cette mission très délicate mais combien exaltante.
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M. Dramane Aliou KONE, Président de la Maison de la Presse

 
A l’instar des autres secteurs, la presse a traversé en 2014 une année difficile, mais elle a retrouvé l’espoir avec les mots que vous lui avez adressés lors des festivités de célébration du 54e anniversaire de l’indépendance de notre pays. Je vous cite : «C’est le lieu, pour moi, de saluer la presse nationale qui, dans des conditions difficiles, fait un travail remarquable et de l’encourager à continuer sur cette voie. Ils font chaque jour un peu mieux. Incha’ Allah je ferai tout pour que la qualité de la presse nationale s’améliore… ». Fin de citation.
 
Plus que des mots, la presse retient une promesse, un engagement du président de la République à aider à améliorer le secteur qui reste le plus pauvre de la sous-région, voire d’Afrique. Pour exemple, le Mali produit le journal le plus cher de l’UEMOA avec un cout de production de 180 FCFA l’exemplaire contre 55 FCFA pour le Burkina Faso et 50 FCFA pour la Côte d’ivoire et le Sénégal. 
 
Aussi, après avoir été le 1er pays à accorder une aide publique aux médias, comme cela fut exigé par la Conférence nationale de 1991 et inscrit dans la Loi portant régime de presse en 2000, le Mali octroie le montant le plus faible de la sous-région avec 200 millions depuis 1996 contre 1 milliard de CFA en Côte d’Ivoire et au Sénégal et 400 à 500 millions pour le Niger, le Togo et le Bénin. 
 
D’ailleurs, ces 200 millions ont été réduits à moins de 100 millions de FCFA depuis 3 ans. Il faut rappeler que cette enveloppe n’est pas encore libérée pour cette année qui s’achève. Nous plaidons, depuis de longues années, pour que les pouvoirs publics acceptent d’adjoindre à l’aide directe, qui est de 200 millions par an, une aide indirecte sous la forme de détaxes sur des intrants.
 
On l’oublie souvent, ou on ne le dit pas assez, la presse, c’est d’abord l’entreprise de presse. Les responsables des organes sont des promoteurs d’entreprises, des créateurs d’emploi. L’entreprise de presse est le parent pauvre des programmes et projets d’appui aux entreprises.
 
Monsieur le président, en toute objectivité, nous sommes conscients de la faiblesse de nos entreprises et de nos personnels. Très souvent, force est de constater que nous ne sommes pas, nous-mêmes, contents de nos propres productions. D’ailleurs parfois, nous en avons honte. Mais faut-il avoir honte d’admettre que notre œuvre est perfectible ? 
 
Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat,
Les remarques que vous  avez faites lors de la cérémonie de sortie de la 1ere promotion de la nouvelle ENA le 09 décembre dernier, valent aussi pour la presse. Comme vous l’aviez souhaité l’année dernière, à la même occasion, nous voulons bouter la médiocrité hors de notre métier qui est la vitrine de notre pays, car un étranger, qu’il soit simple visiteur ou investisseur, commence toujours par payer un journal, écouter la radio et regarder la télé. A travers ce premier contact, l’étranger se fait une première idée, une première opinion du pays. 
 
C’est pourquoi, le nouveau bureau qui vient d’être mis en place pour la gestion de la Maison de la presse, que j’ai l’honneur de diriger, a élaboré un programme d’activités quadriennal qui faitet de l’amélioration de la qualité des médias une priorité. D’ailleurs, dans deux semaines, nous lancerons le programme de mise à niveau des acteurs des médias et, nous souhaiterions que vous en deveniez le parrain. 
Toujours dans l’ambition de la professionnalisation du secteur, nous voulons profiter de la création de la Haute autorité de la Communication pour relancer l’auto-régulation à travers la redynamisation de l’Observateur de l’éthique et de la déontologie. Je tiens à saluer le Premier ministre et le ministre de l’Economie Numérique, l’Information  et la Communication pour leur disponibilité et leur soutien.
Monsieur le Président, la Presse, dans sa diversité, vous accompagne. Malgré tous les reproches qu’on peut lui faire, elle joue sa partition et continuera de prendre une place prépondérante dans le processus de normalisation que vous conduisez depuis votre élection à la magistrature suprême de notre pays. Nous vous soutiendrons dans toutes vos actions  et nous vous accompagnerons, en toute bonne foi, dans vos actions que nous savons à la fois délicats et complexes. Mais, Monsieur le Président, il ne sera pas dit que que nous développons avec l’exécutif des relations faites de connivence ou de complaisance. Vous connaissant, nous savons bien que vous n’en avez pas besoin. Aidez-nous donc à jouer pleinement notre partition pour le confort de la démocratie malienne.
 
Monsieur le Président, en ces temps de crise, nous pensons, en toute humilité, que la presse peut et doit amplifier vos efforts méritoires. Malheureusement, nous n’avons pas le sentiment que ses potentialités sont mises à profit dans ce dessein. La preuve, vous n’avez pas encore accordé d’interview exclusive ni a un journal, ni à une radio privée. D’ailleurs, autant que je sache, aucun de vos prédécesseurs n’a franchi le pas. Vous comprendrez aisément que nous soyons frustrés par un tel traitement que nous vivons comme un manque de considération. 
 
Nous ne perdons pas espoir. Mieux, nous caressons le secret espoir que vous serez le premier à franchir le Rubicon. Ainsi, Monsieur le Président de la République, vous témoignerez, de la plus belle manière, votre soutien à la presse nationale en général et à la presse privée en particulier.
 
Excellence Monsieur le Président de la République,
Bonne et heureuse année 2015, et qu’Allah protège le Mali !